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Imagine: Nous sommes (ou pas) Charlie

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Quelle semaine… Une semaine qui nous a tous bouleversés. Depuis mercredi nous sommes en état de choc, la disparition brutale de la bande de Charlie l’Hebdo à Paris nous a profondément marqués, chacun à notre façon. Dans le milieu des médias, cette attaque d’une violence sans nom résonne particulièrement et a fait qu’il régnait une ambiance assez lourde ces quelques derniers jours.

Beaucoup de choses ont été dites, dessinées, commentées. Certaines sensées et justes, d’autres beaucoup moins. On le sait, cet événement tragique pourrait nourrir l’extrême-droite en Europe (et ailleurs) et nous devons être sur nos gardes. Réagir, oui, ne pas accepter, oui, défendre la liberté de la presse, bien entendu, mais ne pas tomber dans le piège de répondre à la violence par la violence.

Ban Ki-Moon, secrétaire générale de l’ONU, a déclaré être consterné par l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo mais il  a aussi ajouté ce constat, très important : “Cette attaque vise à nous diviser, nous ne devons pas tomber dans le piège”.

Avec ce petit billet, je ne souhaite pas entrer dans ce débat  du “Je suis Charlie” ou “Je ne suis pas Charlie” qui fait rage actuellement sur la toile et les réseaux sociaux. Je vous propose simplement quelques éléments qui m’ont marqué dans ce déferlement d’information de tous styles qui ont circulé dans la presse ces derniers jours.

  • L’intervention de Coco, dessinatrice et survivant de l’attaque contre Charlie l’Hebdo, à la fin de l’émission 28 minutes sur Arte France. Coco qui tout comme Charb était chroniqueuse pour cette émission. Après le témoignage de Coco à la minute 37, un hommage est également rendu à Charb. Vous pouvez revoir ceci en vidéo en cliquant ici
  • On pouvait malheureusement s’en douter mais à la suite du drame, des délinquants haineux ont attaqués plusieurs lieux de culte musulmans un peu partout en France. Des dessins obscènes suivi d’un “Ich bin Charlie” ont été découverts jeudi matin sur le mur extérieur d’une mosquée en construction à Bischwiller dans le Bas-Rhin. Des croix gammées suivies d’une inscription “Charlie est vivant” ont été taguées sur la future mosquée de Liévin dans le Pas-de-Calais. Des têtes de cochons, des impacts de balles ailleurs, plusieurs mosquées ont été visées par des actes racistes les derniers jours.
  • De nombreux dessins et caricatures ont évidemment circulé les derniers jours en hommage à Cabu, Charb, Tignous, Wolinski... Les différentes “Une” des journaux du monde entier ont rendu hommage aux membres de l’équipe de Charlie Hebdo. Celle du quotidien britannique “The Independent” a particulièrement marqué les esprits. La voici.

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Mais pendant ces heures d’attente, d’angoisse, d’incompréhension, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à John Lennon et au paroles de son chef d’oeuvre “Imagine”.

Pour ceux qui ne se souviennent pas des paroles, les voici, je vous laisse traduire.

Imaginer, rêver, espérer vivre dans un monde en paix dans lequel tous les peuples du monde vivraient en harmonie… c’est ce qui permet de vivre, non?

“Imagine there’s no heaven
It’s easy if you try
No hell below us
Above us only sky
Imagine all the people
Living for today…

Imagine there’s no countries
It isn’t hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion too
Imagine all the people
Living life in peace…

You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will be as one”

(extrait d’Imagine, John Lennon, 1971)

 

Be, le nouveau Beady Eye, bien plus que de l’« après-Oasis »

Un peu plus de deux ans après “Different Gear, Still Speeding”, le premier album de la formation, la bande à Liam Gallagher nous revient avec “Be”, une oeuvre très différente et plus expérimentale.

Si “Different Gear, Still Speeding” nous avait prouvé que Liam Gallagher et son groupe – soit Oasis sans Noel Gallagher – pouvaient nous offrir encore de sérieuses leçons de rock’n'roll, sur “Be” les choses sont bien différentes. Tout d’abord, le son général a vraiment changé. Si des titres du premier album tels que “The Roller” et “Bring The Light” pouvaient nous rappeler certains morceaux de Lennon en solo façon 70′s, “Be” nous replonge dans une ambiance plus “psychédélique” à la Beatles. Le son de l’album fait aussi penser à d’autres groupes britanniques des 60′s tels que, notamment, les Zombies : le titre “Second Bites of the Apple” rappelle dans son intro le classique “Time of The Season”. Mais “Be” n’en est pas pour le moins un album de son temps : l’arrivée du producteur Dave Sitek du groupe TV On The Radio permet à Beady Eye de teinter son univers musical d’une bouffée de nostalgie tout en restant contemporain. En bref, avec “Be”, Beady Eye a enfin trouvé sa véritable identité et nous offre un album certes révolutionnaire mais plus qu’agréable à écouter avec cependant quelques petites longueurs. Liam est toutefois sur le bon chemin et on ne va pas s’en plaindre.

Note: 3,5/5

Highlights: Flick of the Finger, Face the Crowd, Second Bite of the Apple, Iz Rite, Shine a Light, Start A new

Quelques notes sur le concert de Roger Waters le vendredi 27 mai à Anvers

Roger Waters – Tournée The Wall 2011 (European leg) – Anvers, le vendredi 27 mai.

Performance particulièrement impressionnante pour Roger Waters et son groupe pour cette première soirée dans un Sportpaleis plein à craquer.

Vers 19h, la salle commence à se remplir, la scène est déjà prête. On y voit des morceaux du mur partiellement érigé, des briques sont disposées à l’arrière-plan, prêtes à servir à l’élever jusqu’à l’isolement total du groupe à la fin de la première partie du spectacle.

L’attente se déroule au son d’une sélection musicale de chansons politiquement engagées réalisée par Roger Waters. Il a choisi méticuleusement des titres de l’histoire du rock, des morceaux qui nous donnent déjà un avant-goût de ce qui est à venir : “Masters of War” de Bob Dylan, “I Shall be Released”, “People Get Ready” de Curtis Mayfield (un des hymnes du  mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis).

Ces morceaux engagés transmettent un message politiquement fort à qui peut l’entendre. Hommage également à John Lennon aussi avec “Mother”et “Imagine”, ce manifeste libertaire.

Lorsque j’avais rencontré Roger Waters en 2006 à Paris, il m’avait confié que le premier album de Lennon, “Plastic Ono Band”, avait été pour lui une véritable puissante source d’inspiration pour le travail qu’il allait réaliser dans les années 70 avec Pink Floyd. Pour mémoire, sur l’album “Plastic Ono Band”, John Lennon évacuait les blessures de jeunesse en hurlant – littéralement – sa douleur, suivant en cela les applications de la thérapie du « cri primal » d’Arthur Janov. Thérapie suivie à cette époque par John Lennon auprès du célèbre thérapeute.

On peut désormais imaginer à quel point cela a influencé des albums comme “The Wall” ou “Final Cut” de Pink Floyd qui sont d’une certaine façon de grandes séances de thérapie musicale pour Waters.

Cependant, le show qui nous attend sera nettement moins personnel qu’à l’époque : il trouve désormais une dimension universelle.

Ce spectacle provoque un grand choc. D’abord émotionnel et ensuite intellectuel. Visuellement très impressionnant,  mais aussi musicalement parlant, du très grand art, avec plus ou moins la même équipe qu’à l’habitude, au sein de laquelle on retrouve les guitaristes Snowy White (qui a joué sur toutes les versions live de The Wall : 80-81/90) et Dave Kilminster, le batteur Graham Broad,  aux claviers Jon Carin (fidèle des carrières solo de Waters ainsi que du Pink Floyd version David Gilmour) et Harry Waters ; quelques nouveaux aussi comme le chanteur Robbie Wycoff qui assure brillamment toutes les parties vocales, originellement chantées par David Gilmour.

De manière prévisible – et Waters l’avait bien précisé en mai 2010 à Londres lors de la conférence de présentation de cette imposante tournée -  la musique est la même que celle de l’album de 79 et de la tournée originale. On évite ici les quelques fautes de goût lors de l’impressionnante  prestation de Waters et de son  groupe à Berlin le 21 juillet 1990, quelques mois après la chute du mur. Ces erreurs étaient heureusement un peu masquées par l’extraordinaire émotion qui régnait alors à cet endroit emblématique du monde.

Mais surtout, et cela fait la qualité de ce nouveau spectacle, c’est l’aspect profondément moderne et contemporain du message que Waters nous propose.

En effet, si la musique n’a pas changé, le visuel lui, a évolué, et s’est mué en un sévère pamphlet moderne, critiquant ouvertement la société de consommation et l’engagement de nombreux pays dans les guerres et les dictatures, proclamées ou non.

Par exemple, cette idée est très bien rendue par l’image de ce monde enfermé et sourd entre les écouteurs d’une célèbre marque de lecteur MP3. Civils, soldats et dictateurs étant tous dessinés assourdis par le fameux casque blanc, emblème des publicités d’une célèbre marque. Son iCreate est transformé ici en iKill ou encore iProfit et l’image de la libération apparaît, lorsqu’une petite fille se décide à retirer son casque et à écouter ce qui se passe réellement autour d’elle, de nous.

Avant de relancer l’aventure “The Wall”, Roger Waters a eu la bonne idée de demander à des fans du monde entier de lui envoyer des photos de personnes disparues pendant la seconde guerre mondiale,  ainsi qu’au cours de toutes les guerres qui ont suivi.

Waters a sélectionné ces images et il nous offre une galerie très digne de portraits, assortis des date de naissance et date du décès, ainsi que le conflit qui les a vu mourir. Hommage est ainsi rendu à cette foule d’humains disparus, non seulement pendant la seconde guerre mondiale et ce des deux camps, mais aussi à une jeune militante iranienne ou encore à des civils innocents et aux journalistes sauvagement et stupidement abattus en Irak par des soldats américains ivres d’en découdre, images révélées par Wikileaks, on s’en souviendra. Waters n’a pas oublié non plus de rendre hommage au jeune Jean-Charles de Menezes, abattu dans le dos par la police britannique parce qu’il courrait dans les couloirs du métro et donc pris pour un terroriste potentiel.

Toutes les illustrations du spectacle sont souvent retravaillées à partir des dessins originaux de l’illustrateur Gérald Scarfe : elles ajoutent indéniablement un petit plus qui renforce considérablement l’oeuvre.

Si The Wall mettait en avant le génie et les souffrances de Roger Waters à l’époque,aujourd’hui l’oeuvre a largement dépassé son créateur.

Waters et ses musiciens apparaissent ici réellement au service de “The Wall”.

The Wall et son message universel, pacifiste, humaniste et dès lors intergénérationnel sera encore joué sur scène dans 50 voire 100 ans.

Is there anybody out there…?

(une des très très nombreuses vidéos réalisées par les fans et disponibles sur Youtube)

La reprise du jour: Happiness is a Warm Gun …

Alors dans la section “La reprise du jour”, aujourd’hui je vous propose celle du chef d’oeuvre de John Lennon “Happiness is a Warm Gun” (qui figurait d’origine sur l’”album blanc” des Beatles en 1968). Cette reprise est effectuée avec pas mal d’inspiration par les Breeders, groupe américain alternatif dirigé par Kim Deal, la bassiste/chanteuse des Pixies. On peut retrouver cette “cover” sur le premier album du groupe, “Pod”, un album sorti en 1990 et considéré aujourd’hui comme un grand classique. Kurt Cobain (Nirvana) lui même considérera “Pod” comme une de ses influences majeures.

Après avoir obtenu le statut de groupe culte grâce à ce premier disque, les Breeders connaîtront un succès plus “mainstream” grâce à leur second album “Last Splash” sur lequel on retrouvera leur tube “Cannonball”.