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Interview de James Edward Bagshaw, leader de Temples et sortie de l’album « Sun Structures »

Je me suis rendu à Londres il y a quelques jours et, à la vitrine de tous les bons disquaires, est mis en avant un album : « Sun Structures » des Temples. Originaire de Kettering (Northamptonshire), le groupe de rock psychédélique a vu le jour en 2012 et aujourd’hui il est considéré comme l’une des meilleures formations britanniques par Noel Gallagher ou par l’ex-Smiths, Johnny Marr. Rencontre avec James Edward Bagshaw, chanteur, guitariste et co-compositeur de l’ensemble des titres avec le bassiste Thomas Warmsley.

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 1) Quelques mots sur la création du groupe ?

JB : En fait, au début, ce n’était pas prévu que ce projet devienne véritablement un groupe.  C’était juste Thomas et moi et on échangeait des idées, des idées à propos de morceaux. Et puis on a fini par enregistrer 4 titres nous-mêmes, chez nous. Et puis on les a mis en ligne. Et donc, on a dû donner quelques concerts et c’est ainsi que le groupe – tel que l’on le connait aujourd’hui – a pris forme.

2)  En combien de temps avez-vous enregistré ce premier album « Sun Structures » ?

JB : L’album a été enregistré sur une période d’un an parce qu’au même moment, on n’arrêtait pas de tourner. Si nous n’avions pas autant donné de concerts, cela aurait pris maximum 3 semaines. Mais, là, avec notre agenda de concerts, ça s’est étalé sur une année entière. Finalement ça a donné à l’album un peu d’air… On avait le temps de faire évoluer les titres, il y a des choses inconscientes qui se produisaient lorsque l’on tournait et qu’on était sur la route et puis, en studio, avant d’enregistrer un morceau on se disait « pourquoi n’essayerait-on pas de faire ceci ou cela… ? ».

3)   Un mot sur vos influences musicales. Il est évident – à l’écoute de l’album – que vous avez été influencé par le rock psychédélique des années 60…

JB : Oui et aussi nous aimons la musique classique, Chopin… mais aussi les musiques de film, particulièrement ce qu’a fait John Barry. Une autre source d’inspiration est l’album « Days of Future Passed » des Moody Blues qui a proposé un très bon métissage entre instrumentation classique et pop music avec le travail de musiciens classiques qui jouent très bien, parfois trop même. Evidemment, nous ne disposions pas d’un orchestre classique pour nous accompagner et donc l’album a été écrit avec les limites qui nous ont été imposées. Par exemple,  l’usage d’un mellotron. Mais ça nous a permis de ne pas nous prendre la tête sur certaines orchestrations et ainsi de ne pas perdre l’essence de ce qu’on voulait faire.

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Le mythique « Days of Future Passed » (1967) des Moody Blues, grande influence pour Temples

4)  J’ai vu une vidéo sur Youtube sur laquelle on peut vous voir enregistrer une reprise du Waterloo Sunset des Kinks sur une chaine de radio française.  C’est une très belle version. Que pouvez-vous me dire à propos des Kinks, de Ray Davies, et de leurs influences sur votre musique, sont ils importants pour vous?

JB : Oui, aux côtés d’autres grands groupes britanniques qui dressent un portrait  »British » dans leurs musiques. Ce côté excentrique… Ray Davies écrit non seulement de très belles paroles poétiques… lui et Dave Davies, tout cela sonne très anglais. Et si vous êtes anglais, vous avez ce côté presque musicalement patriotique en vous… Vous savez les Kinks, les Beatles, T.Rex, Bowie, Eno… Toutes ces personnes ont ce côté unique, excentrique et une façon très « british » de proposer de la musique.

 

5)   Quand vous étiez enfant, comment avez-vous découvert toute cette musique formidable. Était-ce avec vos parents, vos amis… ?

JB : J’ai commencé assez jeune. Mes parents avaient de bons goûts en musique. Ils étaient surtout branchés par la Motown que j’apprécie beaucoup. Et puis Elvis, les Beatles. Mais je me souviens aussi qu’il détestait particulièrement Bowie et donc je me suis lancé dans une quête pour aimer Bowie …

Les studios Trident au centre de Londres, des studios mythiques…

Fin février, je me suis rendu aux Trident Studios de Londres pour rencontrer Brian May et Roger Taylor. Outre ces interviews qui resteront à jamais gravées dans mon esprit, j’ai eu l’occasion de visiter ces studios mythiques dans lequel David Bowie, T.Rex, Lou Reed, les Beatles, Queen ou encore Peter Gabriel ont enregistré des oeuvres majeures. Petit retour dans le temps …

Les studio Trident a été construits en 1967 par deux frères: Norman et Barry Sheffield. Le premier restera célèbre pour avoir managé Queen à ses débuts mais aussi pour les avoir arnaqué, il deviendra ainsi le sujet du titre vengeur « Death on Two Legs » sur le célèbre « A Night At The Opera ».

A l’époque le studio Trident est à la pointe de la technologie et s’impose d’emblée comme un sérieux concurrent du studio d’EMI (qui ne s’appelle pas encore Abbey Road et dans lequel les Beatles enregistreront la majorité de leur catalogue).

Space Oddity - David Bowie (photo - collection privée)

C’est surtout la présence d’une console d’enregistrement 8 pistes (le must pour l’époque) qui vont attirer de nombreux artistes et groupes de rock. Attiré par la présence de ce 8 pistes, les Beatles enregistreront au Trident une bonne partie des titres présents sur l’album blanc (et non des moindres:  »Dear Prudence », « Honey Pie », « Savoy Truffle » et « Martha My Dear » ainsi que le célèbre single « Hey Jude »). John  Lennon et George Harrison, par la suite, y enregistreront leurs albums respectifs « Plastic Ono Band » et « All Things Must Pass ».

C’est aussi là-bas qu’un très jeune David Bowie enregistrera son album « David Bowie » en 1969 sur lequel on retrouve l’inoubliable « Space Oddity ».

Début des années 70, le Trident est le studio « trendy » et la plupart des grands artistes britanniques de l’album enregistrent là-bas. Ainsi des chef d’oeuvres tels que « Transformer » de Lou Reed, « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars », « Electric Warrior » de T.Rex ainsi que les deux premiers albums de Queen y ont été enregistrés.

Electric Warrior de T.Rex (photo - collection privée)

Malheureusement, les Trident Studios seronts revendu en 1981. Aujourd’hui, rebaptisés « Trident Sound Studios », ils n’occupent plus les 5 étages du building, seuls le rez-de-chaussée et le sous-sol sont encore des studios, essentiellement pour le mastering.

Les plus célèbres titres enregistrés au Trident sont affichés à l'entrée du studio (photo - collection privée)

Francis Weyns et votre serviteur devant le "Trident Sound Studios" (photo - Arnaud Rey)

A lire également: l’excellent article et rencontre avec l’actuel gérant des studios Trident Sound signé par Victor Alexandre

Thin Lizzy « Johnny the Fox » (1976) « Live & Dangerous » (1978) remasters à l’écoute …

Universal vient de rééditer dans sa célèbre collection « Deluxe Edition » deux excellents albums de Thin Lizzy, l’album concept « Johnny The Fox » (1976) et l’inoubliable « Live and Dangerous » (1978). Petit aperçu …

Johnny the Fox (1976)

Digne successeur de « Jailbreak », « Johnny The Fox » est un album concept signé par Phil Lynott. L’album présente toujours ce que l’on peut considérer comme LE meilleur line-up de Thin Lizzy (Scott Gorham et Brian Robertson aux guitares et Brian Downey à la batterie). Le travail effectué sur le son sur cette version deluxe est remarquable et la différence est vraiment notable par rapport à la précédente version CD qui proposait un son plutôt brouillon. A souligner également ici sur le second CD quelques BBC Sessions 76 particulièrement réussies (« Don’t Believe a Word », « Johnny The Fox Meets Jimmy The Weed », « Fools Gold » et « Johnny ») ainsi que des remixes intéressants des titres « Don’t Believe a Word » et « Johnny The Fox Meets Jimmy The Weed » supervisé par Scott Gorham, Brian Downey ainsi que Joe Elliott, le leader de Def Leppard.

Live and Dangerous (1978)

Un live que l’on ne présente plus. Indubitablement à classer dans le TOP 10 des meilleurs enregistrements publics de l’histoire du rock. On le sait, les musiciens et le producteur Tony Visconti (Bowie, T.Rex…) ont quelque peu ‘triché’ en réenregistrant en studio quelques petites sections qui n’avaient pas été bien capturées en live. Mais on s’en fiche, le résultat est excellent et on prend énormément de plaisir à réécouter ce double album rempli de titres plus explosifs les uns que les autres (« Boys Are Back in Town », « Rosalie/Cowgirl’s Song », « Still In Love With You », « Are You Ready » …). A noter ici au rayon des bonus, quelques inédits tels que les versions live de « Bad Reputation » et de « Opium Trail » ainsi que comme troisième disque, un excellent DVD nous proposant de très bonnes images vidéos enregistrées lors de la même tournée que l’audio.

The Turtles: So Happy Together

En 1965, Howard Kaylan et Mark Volman (qui seront par la suite plus connu sous le pseudo ‘Flo & Eddie’) forment un groupe de surf rock à Westchester en Californie. Rebaptisé les « Tyrtles » (en référence aux « Byrds »‘), le groupe ne tarde pas à adopter le nom de « Turtles ». Après avoir repris un titre de Dylan (« It Ain’t Me Babe »‘ en 65) avec pas mal de succès, les Turtles triompheront dans les hits parades internationaux avec « Happy Together » deux ans plus tard.

Les Turtles ont, à l’époque, régulièrement l’occasion de collaborer avec un autre groupe américain: The Magicians. Ce sont les deux leaders de cette formation, Garry Bonner et Alan Gordon qui proposent le titre « Happy Together » aux Turtles. Cependant, les Turtles ne sont, au départ, pas vraiment interessés. Ils sont à la recherche d’un tube et trouve la version des Magicians un peu plate. Mais, avec l’aide du producteur Joe Wissert et surtout celle de Chip Douglas (producteur des plus grands hits des Monkees) les Turtles réussiront à transformer cette chouette composition en véritable hymne des années 60. Non seulement, « Happy Together » sera un énorme succès à l’époque mais c’est également un titre qui traversera les époques et se retrouvera sur la bande originale de très nombreux films (dont récemment dans le film « Ma Mère » de Christophe Honoré en 2004) et spots publicitaires (aussi bien à la télévision qu’en radio).

Suite à la dissolution des Turtles en 1970, Flo & Eddie continueront à être très actif sur la scène rock. On les verra accompagner Frank Zappa, Marc Bolan et T.Rex ainsi que Bruce Springsteen (aux choeurs dans le titre « Hungry Heart« )

Une nouvelle compilation best of de l’oeuvre des Turtles vient justement de sortir. Simplement intitulée « The Turtles Greatest Hits », ce CD comporte 20 titres remasterisés (au son « nettoyé »). Parmi ceux-ci figurent « Happy Together », « Elenore », »It Ain’t Me Babe« … Bref, si vous voulez vous replonger dans le son des 60′s aux Etats-Unis, vous savez ce qu’il vous reste faire. D’autant plus que quand vous achetez cette compilation, une partie des bénéfices sera versée à l’association « Save The Turtles » qui s’occupe de soigner et protéger les tortues en Floride (et ce n’est pas une blague!).

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Tracklist de « The Turtles Greatest Hits »: 1. Happy Together 2:54 2. It Ain’t Me Babe 2:14 3. She’d Rather Be With Me 2:19 4. You Baby 2:18 5. Elenore 2:31 6. Let Me Be 2:22 7. She’s My Girl 2:34 8. Outside Chance 2:07 9. You Showed Me 3:12 10. Can I Get to Know You Better 2:39 11. Story of Rock and Roll 2:47 12. Love In the City 3:41 13. Me About You 2:31 14. You Don’t Have to Walk in the Rain 2:44 15. You Know What I Mean 2:01 16. Sound Asleep 2:48 17. Makin’ My Mind Up 2:41 18. Grim Reaper of Love 2:24 19. Guide for the Married Man 2:46 20. Chevrolet Camaro Commercial

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Lien: le site officiel des Turtles