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Retour sur « L.A. Woman » le dernier véritable album des Doors…

En décembre 1970, les Doors se retrouvent en studio pour enregistrer « L.A. Woman ». Sans leur producteur Paul Rotchild, les Doors se sentent pousser des ailes et un vent de liberté règne en studio. En effet, sur cet album, devenu aujourd’hui mythique, on retrouve un groupe privé des contraintes de productions qui joue exactement ce qu’il veut et qui rend un ici un fier hommage au son roots du blues…

« L.A. Woman » a été le dernier album enregistré par les Doors en compagnie de Jim Morrison. Autant le dire tout de suite, il s’agit du dernier véritable album des Doors. Certes Manzarek, Krieger et Densmore tenteront de continuer l’aventure sans leur leader charismatique, mais en vain…
« L.A. Woman » est le sixième album des Doors. Sa création ne se fera pas sans peine puisque le groupe connait alors quelques difficultés. Jim Morrison est devenu pratiquement « persona non grata » sur le territoire américain: il est accusé de « comportement indécent », « exhibition indécente », « outrage aux bonnes moeurs » et « ivresse publique » suite à un concert historique donné par le groupe à Miami le 1er mars 1969. Jim Morrison vit tout cela très mal et il est en train de sombrer dans une profonde dépression de laquelle il ne sortira malheureusement jamais. Les 3 autres membres du groupe, même s’ils se doivent d’être solidaire envers leur chanteur, ont du mal à pardonner à celui-ci d’avoir mis en danger l’avenir des Doors. Cependant, le temps passant, les 4 amis se remettent au travail. Ils ont envie de se faire plaisir et de revenir à leurs racines – le blues – et souhaitent proposer un album plus dépouillé, moins « produit » que les précédents. Paul Rotchild, producteur du groupe depuis ses débuts, ne l’entend pas de cette oreille-là. Il qualifie – avec mépris – les démos que lui proposent les Doors de « musique de cocktail »: pour lui, le groupe doit se concentrer sur d’autres compositions et ce projet n’a aucun avenir. Mais Morrison, Krieger, Manzarek et Densmore n’ont pas dit leur dernier mot: pas question d’abandonner « L.A. Woman »… Rotchild n’en veut pas? Qu’il aille au diable, ils le feront sans lui…

Jim Morrison et Robbie Krieger lors de sessions d'enregistrement de L.A. Woman

Morrison et ses 3 musiciens se lancent donc dans la production de cet album avec la collaboration de Bruce Botnick, leur ingé son depuis le début qui se hisse ici au statut de co-producteur de l’album. Pour enregistrer ce disque dans des conditions idéales, le groupe se rend dans sa salle de répétition très justement baptisée très « The Doors Workshop » située juste au-dessus du bureau administratif des Doors, au 8512 sur Sunset Boulevard à Los Angeles. Ici, pas question d’enregistrer le morceau en 30 prises ou instrument par instrument: l’essentiel de l’enregistrement se fait dans des conditions « live », les musiciens jouant ensemble, accompagnés par la voix de Morrison. Le résultat est splendide: on a l’impression de retrouver le groupe des débuts, celui qui nous avait proposé le somptueux album « The Doors » en 1967. Malheureusement, on connait la suite. Quelques mois plus tard, Jim Morrison s’envole pour Paris et il n’en reviendra jamais. « No One Gets Out Alive », « Personne ne s’en sort vivant », c’est vrai, mais à 27 ans, cela reste trop, bien trop tôt…
Warner vient de ressortir l’album pour son 40ème anniversaire. Encore, me direz-vous. Mais force est de constater que cette nouvelle version présente, cette fois, un réel intérêt. Outre d’être le 192ème remaster du catalogue, cette édition « 40ème » propose un second disque contenant des versions alternatives de la plupart des titres de l’album ainsi que les titres bonus « She Smells So Nice » et « Rock Me ». Les versions alternatives apportent un réel plus pour les fans car si l’album a déjà cet aspect direct et spontané qui en fait sa qualité, ces autres « takes » poussent la spontaneité encore un peu plus loin et on a parfois l’impression d’être dans les studios avec le
groupe tant elles ont un aspect intime et agréable.
Note: 4/5 (The Doors: L.A. Woman 40th Anniversary 2012/Warner)

Review: Foo Fighters: « Wasting Light »

Ca y est, le digne successeur de « Echoes, Silence, Patience & Grace » est dans les bacs. « Wasting Light » est le 7ème album des Foo Fighters. 7: chiffre magique, album magique…?

En s’associant avec Butch Vig pour la production de ce nouvel album, Dave Grohl a décidé de retrouver ses racines et l’année 1991 qui l’avait vu enregistrer le mythique album Nevermind au sein de Nirvana aux côtés du producteur ainsi que de Kurt Cobain et de Krist Novoselic (ce dernier fait d’ailleurs une petite apparition sur l’album sur le titre « I Should Have Known », peut être une référence à Kurt?).

Retour en arrière donc mais pas question ici de lourde nostalgie impropre. Rassurez-vous, Dave Grohl et ses amis des Foo Fighters ne sont pas tombés dans le piège facile du « revival 90′s », il s’agit bel et bien d’un nouvel album « moderne » des Foo Fighters. Cependant, pour lui donner un aspect plus « authentique », les Foo Fighters se sont payés le luxe de l’enregistrer entièrement en analogique, avec de bonnes vieilles bandes.

Si le travail sur bande demande une toute autre discipline de travail, le groupe a décidé d’enregistrer cet album dans des conditions optimales et sans stress. Pour ce faire, les musiciens se sont donnés rendez-vous dans un… garage, le garage de la famille Grohl, annexe de sa très belles propriété situé dans le district d’Encino à Los Angeles.

Ainsi entre les prises, les 5 musiciens du groupes (ils sont 5 depuis le retour officiel de Pat Smear au sein des Foo Fighters) prennent un peu de bon temps tous en famille dans la piscine de Dave Grohl.

C’est vrai qu’on nage ici en plein rêve/cliché américain mais, malgré cela, l’ensemble sonne sincère et l’album est une véritable réussite artistique et, quand on observe la place de celui-ci dans le top albums d’iTunes, on peut s’attendre a une réussite commerciale.

Quelque chose me dit que les Foo Fighters seront la tête d’affiche d’un des grands festivals belges cet été. Ayant eu la grande chance de les voir présenter l’album en avant-première a Londres en février, je ne peux que vous conseiller vivement de ne pas louper ce rendez-vous qui sera, sans aucun doute, un des événements rock de l’année…

Note: 8,5/10

Titres forts/highlights: Bridge Burning, Rope, White Limo, Arlandria, These Days, I Should Have Known

Ils l'ont dit: Jerry Lee Lewis se souvient de John Lennon…

Quand le Killer se souvient de John…

jerrylee

Jerry Lee Lewis: « C’était en 1973 ou 1974 et on avait donné quelques concerts au Roxy à Los Angeles. John Lennon et quelques types étaient assis sur le balcon, juste en face de nous, et je ne sais pas ce qu’ils fumaient, mais mon saxophoniste essayait de se rapprocher d’eux pour sniffer un peu de leur mixture. Le truc suivant donc je me souviens, c’est que John s’est retrouvé en face de moi, à genoux, et a embrassé mes bottes. Quand il s’est relevé, il m’a dit ‘Merci, Killer, merci de m’avoir appris ce qu’est le rock’n'roll’. Mon fils, Junior, était avec moi et m’a donné un petit coup de coude. Quand John est parti, Junior m’a dit ‘Papa, tu sais qui c’était?’. J’ai rigolé et je lui répondu: ‘oui, fils, je sais qui c’était… »

johnlennon

Cat Stevens "Tea for the Tillerman"

teaforthetillerdeluxe2En 1970, à peine 7 mois après avoir sorti son grand album come-back « Mona Bone Jakon » (sur lequel on retrouvait « Lady d’Arbanville »), Cat Stevens sortait probablement le chef d’oeuvre de sa carrière, l’album « Tea for the Tillerman ».

Ce disque, à l’ambiance « folk feutrée » dont seul Cat Stevens avait le secret, était rempli de petites merveilles comme « Wild Word », « Sad Lisa », « Father and Son » ou encore « Where Do The Children Play ».

Universal a eu la bonne idée de rééditer cet album dans sa collection « Deluxe Edition »,  sur celle-ci on retrouve un second disque très intéressant qui nous dévoile notamment la version démo de « Wild World » ainsi que quelques extraits ‘live’ (enregistrés au Troubadour en 70, au japon en 76, à Los Angeles en 71…).

Bref du tout bon pour une réédition véritablement complète qui rend un bel hommage à ce disque qui mérite d’être découvert (pour les plus jeunes) ou redécouvert (pour ceux qui l’avaient acheté à l’époque). Cerise sur le gâteau, nous vous proposerons prochainement sur Classic 21 un making-of consacré à l’histoire de cet album (dans le courant du mois de mai).

Tracklist:

CD1

  1. « Where Do the Children Play? » – 3:52
  2. « Hard Headed Woman » – 3:47
  3. « Wild World » – 3:20
  4. « Sad Lisa » – 3:45
  5. « Miles from Nowhere » – 3:37
  6. « But I Might Die Tonight » – 1:53
  7. « Longer Boats » – 3:12
  8. « Into White » – 3:24
  9. « On the Road to Find Out » – 5:08
  10. « Father and Son » – 3:41
  11. « Tea for the Tillerman » – 1:01

CD2

  1. « Wild World [Demo Version] » – 3:14
  2. « Longer Boats [Live At The Troubadour] » – 2:51
  3. « Into White [Live At The Troubadour] » – 3:37
  4. « Miles From Nowhere [Demo Version] » – 3:14
  5. « Hard Headed Woman [Live In Japan] » – 3:57
  6. « Where Do The Children Play? Majikat Earth Tour 1976 – 3:20
  7. « Sad Lisa [Majikat Earth Tour 1976] » – 3:13
  8. « On The Road To Find Out » Live At KCET-TV – 4:57
  9. « Father And Son » Yusuf’s Café Sessions – 4:25
  10. « Wild World » Yusuf’s Café Sessions – 3:03
  11. « Tea For The Tillerman » Live At The BBC – 0:50