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Van Gogh: l’hommage musical

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de visiter l’expo « Van Gogh au Borinage: la naissance d’un artiste » au BAM à Mons, une exposition que je vous recommande. C’est aussi l’occasion de revenir sur quelques titres rock rendant hommage à l’artiste…

Van Gogh au Borinage : la naissance d'un artiste

Comme son nom l’indique, l’expo se focalise sur une période formative pour l’artiste durant laquelle il va s’inspirer de la misère qui règne alors au Borinage pour se lancer premièrement dans le dessin, puis dans la peinture. A travers des documents (lettres échangées avec son frère), des premiers croquis et des toiles, on se plonge dans l’état d’esprit de cet artiste torturé, à la recherche de son style. Dans ce musée, vous ne trouverez  pas les plus célèbres œuvres de l’artiste, mais cette exposition est une excellente introduction pour une visite du musée Van Gogh d’Amsterdam. A conseiller aussi, une visite accompagnée par un guide qui permettra aux plus novices de mieux décoder les différentes étapes de la carrière du peintre.

Mais revenons au sujet musical qui nous occupe ici. Quelques artistes ont souhaité rendre hommage, à leur façon, au génie de Van Gogh. En voici une sélection:

  •  Don McLean – Vincent (1971)

Le « folker » américain Don McLean publie un très bel hommage à Vincent Van Gogh. Baptisé simplement « Vincent », sur son célèbre album « American Pie », sur lequel figure la non moins célèbre plage titulaire, hommage elle à Buddy Holly. Interviewé pour le Telegraph en 2010, Don Mclean se souvient : « J’étais assis dans la véranda un matin et j’étais en train de lire la biographie de Van Gogh, et, tout d’un coup, j’ai su que je devais écrire un titre pour prouver qu’il n’était pas fou. Il était atteint d’une maladie comme son frère Theo (…). Donc je suis mis à écrire les paroles du titre sur un bout de papier »

Extrait des paroles (traduction en français) :

« Je comprends maintenant ce que tu as essayé de me dire,
Combien tu as lutté pour ne pas perdre l’esprit, 
et comment tu as tenté de les libérer.
Ils refusaient de t’écouter, 
Ils ne savaient pas comment faire
Peut-être le feront-ils maintenant.

Nuit, nuit étoilée,
Des fleurs éclatantes (couleur feu) qui resplendissent,
Des nuages tourbillonnants en brume violette
se reflètent dans les yeux bleu de Chine de Vincent »

  • Bob Dylan - Positively Van Gogh (1966)

En 1966, Bob Dylan joue ce très bel hommage à Van Gogh dans un petit appartement de New York en compagnie de son ami, le critique musical Robert Shelton. Malheureusement, le titre ne sera jamais réellement terminé et ne sortira pas officiellement.

  • Jonathan Richman – Vincent Van Gogh  (2004)

Originaire de la scène musicale de Boston, Jonathan Richman se fait connaitre comme leader des Modern Lovers, un des groupes fondateurs du punk, épaulé par John Cale du Velvet Underground. Par la suite, Richman poursuit une brillante carrière solo en construisant ce personnage mélangeant une pointe de naïveté à une forte dose de romantisme et de rock attitude. Après avoir chanté Pablo Picasso (qui sera repris bien plus tard par David Bowie en 2003) à l’époque de Modern Lovers ou Vermeer en 2008, il chante Van Gogh en 2004 sur son album « Not So Much to Be Loved as to Love ». A noter que Jonathan Richman avait déjà enregistré une version de ce titre bien plus tôt en compagnie des Modern Lovers.

Extrait des paroles (traduction en français):

« Avez-vous déjà entendu parler du peintre Vincent Van Gogh?
Qui aimait la couleur et qui le montrait
Ici, dans le musée, que peut-on voir?
Le peintre le plus redoutable depuis Jan Vermeer
Il aimait, il aimait, il aimait tellement la vie
Ses peintures ont deux fois plus de couleurs que celles des autres
Tellement, tellement plus que de couleur que le monde doit savoir
Que l’homme aimait la couleur et le montrait

  • Joni Mitchell – Turbulent Indigo (1994)

La folkeuse Joni Mitchell rend hommage à Van Gogh sur son album « Turbulent Indigo » et particulièrement sur la plage titulaire. A noter que le pochette de l’album, que vous pouvez voir ci-dessous, est un pastiche d’un des fameux autoportraits de Van Gogh.

Mais aussi:

 

L’expo « Van Gogh au Borinage : la naissance d’un artiste » est accessible au BAM dans le cadre de Mons 2015, jusqu’au 17 mai. A voir !

 

 

 

 

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Made in Omaha

Quand on pense à Nebraska, quelques mots nous viennent en tête… Froid, Etats-Unis et peut-être aussi … Bruce Springsteen qui a nommé un album du nom de cet Etat plutôt méconnu… Mais saviez-vous qu’on y trouve une scène musicale des plus intéressantes?

Omaha est le nom de la plus grande ville de l’Etat du Nebraska. Connue également en tant que « Porte d’entrée de l’Ouest » (Gateway to the West en VO) ou encore comme ville natale du regretté folker américain Elliott Smith, Omaha est une ville très musicale. L’« Omaha Sound » se décline sous forme de jazz, funk, blues mais aussi et surtout sous forme de rock indépendant. L’emblème de cette génération de musiciens rock est le label « Saddle Creek Records« , maison-mère de nombreux groupes et artistes qui valent le détour.

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L’un d’entre eux est Tim Kasher dont j’ai découvert la musique tout à fait par hasard en écoutant une radio du réseau américain indépendant « Soma FM »(basé à San Francisco).

Tim Kasher sort des albums sous son propre nom mais également via plusieurs formations dont il fait partie (Cursive, The Good Life, Commander Venus…). Sur Soma, j’ai écouté le titre « Album of the Year » de son groupe The Good Life… Cela m’a directement plu, j’ai donc voulu en savoir plus et me suis procuré l’album « Album of the Year ».

albumoftheyear

Sorti en 2007, il s’agit d’un « concept-album » racontant une histoire d’amour/passion du début de l’aventure à la fin. On y retrouve la théâtralité d’un groupe comme Pulp ou Suede, la fragilité et la naïveté d’un Jonathan Richman, le tout sur un son folk rock typique de la ville d’Omaha.

Si l’expérience vous tente, vous retrouverez ci-dessous l’album complet sur Spotify ainsi qu’un extrait sur Youtube. Bonne écoute,

Laurent

Trésors cachés du rock: « Violent Femmes » (1983)

Imaginez un mélange entre folk et punk? Un peu comme si Fairport Convention et Jonathan Richman et ses Modern Lovers s’étaient retrouvés un peu par hasard en studio après une soirée particulièrement arrosée… « Violent Femmes », c’est un peu ça, un mix étonnant, venu d’ailleurs pour le plus grand plaisir de nos oreilles d’amateurs de bonne musique…

Violent Femmes voit le jour en 1980 à Milwaukee (Wisconsin). Au début, Violent Femmes est un duo articulé autour du bassiste Brian Ritchie et du percussionniste Victor DeLorenzo. Seulement, il leur manque alors cruellement un leader… Il vont le rencontrer quelques mois plus tard, en 1981, en la personne du chanteur/guitariste Gordon Gano. Après avoir constitué un solide set de quelques titres, le trio s’en va défendre sa musique atypique dans les rues de Milwaukee. Le groupe n’est pas spécialement bien reçu mais arrive à attirer l’attention de Chrissie Hynde et de ses Pretenders. C’est ainsi que Violent Femmes se voit proposer les premières parties des concerts du groupe, qui est alors au sommet de sa gloire. Le groupe ne tarde pas à se faire remarquer par un label de Los Angeles, Slash Records, spécialisé dans la scène punk. C’est ainsi qu’en juillet 1982, le trio entre en studio pour enregistrer leur premier album, simplement baptisé « Violent Femmes », chef d’oeuvre folk minimaliste ayant inspiré des personnalités comme Billy Corgan des Smashing Pumpkins ou encore Bob Dylan « himself » et qui gagne a être découvert ou redécouvert …

A télécharger sur iTunes pour se faire une idée: « Blister in the Sun » – « Add It Up » – « Prove My Love »

Tracklist complet:

  1. « Blister in the Sun »
  2. « Kiss Off »
  3. « Please Do Not Go »
  4. « Add It Up »
  5. « Confessions »
  6. « Prove My Love »
  7. « Promise » – 2:49
  8. « To the Kill » – 4:01
  9. « Gone Dady Gonne » – 3:06
  10. « Good Feeling » – 3:52

Review: The Cars – « Move Like This » (2011)

Après 13 ans d’absence, les Cars font leur grand retour. Après le projet un peu boiteux « New Cars » qui avait vu le « corps » du groupe s’adjoindre les services de Todd Rundgren en lieu et en place du leader de la formation Ric Ocasek, on est heureux de retrouver un groupe enfin réuni qui n’a rien changé à la recette de son succès. Petit aperçu …


A l’exception du regretté Benjamin Orr, qui nous a quitté en 2000, le line-up présent sur « Move Like This » est le même que celui du premier album, « The Cars », sorti en 1978 et produit par le génial Roy Thomas Baker, producteur notamment de l’inoubliable « A Night At The Opera » de Queen.

Ce qui nous vient directement à l’esprit à la première écoute de « Move Like This », c’est cette impression que le groupe ne s’est en fait jamais séparé. En effet, tout semble comme avant, il y a toujours ce son bien particulier, véritable signature du groupe, une sorte de rock très direct teinté d’une pointe  » d’électro-pop  » qui inspirera tant des groupes des nineties tels que Weezer ou encore Foutains of Wayne.

Il faut cependant signaler que pendant toutes ces années d’absence, Ric Ocasek est resté très actif, enchaînant d’excellents albums solos ignorés en Europe mais ayant eu pas mal de succès aux Etats-Unis. On a vu aussi Ocasek derrière les manettes de la production, il s’est occupé d’albums de Weezer, No Doubt ou encore de Jonathan Richman.

Et, en parlant de production, c’est Jacknife Lee, connu pour son travail avec Bloc Party, Snow Patrol, Weezer ou plus récement R.E.M. (pour le dernier album « Collapse Into Now ») que les Cars ont fait appel pour la réalisation de « Move Like This ».

Jacknife Lee aura ainsi la tâche plutôt ardue de conserver le son « rétro » du groupe tout en lui ajoutant une petite pincée de modernité de façon à ce que les Cars s’inscrivent dans le son des années 2010 … Pari réussi pour Jacknife Lee, le single « Sad Song », d’une efficacité plus que redouble nous le prouve largement.

L’équilibre de l’album s’inscrit dans la digne lignée des classiques des Cars, mélangeant titres rock au tempo rapide (« Blue Tip », « Keep On Knocking », « Sad Song ») à quelques mid-tempo et aussi à une ballade très « Carsienne » (« Soon ») qui, comme l’a déclaré Ric Ocasek récemment, aurait probablement été mieux chantée par le regretté Benjamin Orr et qui nous renvoie à l’ambiance du classique « Drive » (véritable « BO » du Live Aids).

Bref, vous l’aurez compris, « Move Like This » est une très bonne surprise de ce printemps. Plus qu’à espérer un prochain passage du groupe en Belgique… Please …

Note: 8/10

Highlights/Titres marquants: Blue Tip, Keep On Knocking, Soon, Sad Song, Free, It’s Only