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Edgar Froese (Tangerine Dream) s’en est allé …

 

Edgar Frose, musicien berlinois et l’un des pionniers de la musique électronique planante, s’est éteint le mardi 20 janvier à l’âge de 70 ans. Pour lui rendre hommage, retour sur 3 albums majeurs de la carrière de Tangerine Dream

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  • Phaedra (1973)

 

phaedra

 

« Phaedra » est un monument de la musique électronique et du courant « Krautrock ». Sans concession, l’album nous emmène dans un voyage spatial hypnotique à souhait. Un must.

Ci-dessous la plage titre d’une durée de plus de 17 minutes:

 

 

  • Stratosfear (1976)

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Plus accessible, « Stratosfear » marque le début d’un seconde époque pour Tangerine Dream. Un retour aussi à une structure de titre plus « classique », toujours électronique mais  avec l’ajout du son guitare/basse/batterie et un aspect mélodique nettement plus prononcé.

 

 

  • Canyon Dreams (1991)

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Tangerine Dream, toujours actif dans les 90′s, signe l’une de ses nombreuses BO de film. Ici la musique atmosphérique de la formation allemande correspond très bien aux images de ce film/documentaire consacré au Grand Canyon.

 

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Lou Reed « Berlin » (1973)

Lors d’un récent séjour londonien, j’ai craqué pour l’achat d’un 33 tours dans une boutique de « collectors ». C’est un disque qui représente beaucoup pour moi et qui a accompagné mon adolescence. Il s’agit de l’album « Berlin » de Lou Reed qui a tourné en boucle à l’époque mais que je n’avais plus pris le temps d’écouter depuis un moment. Et puis, de retour de vacances, je me suis fait un petit plaisir. J’ai déposé ce pressage original RCA sur ma platine et j’ai particulièrement apprécie ce moment de redécouverte rempli d’images et d’émotions….

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Il y a 12 ans environ, alors que je commençais ma collaboration avec Radio 21, je tenais un site baptisé « Classic-Rock.be » qui fonctionnait très bien et qui pouvait ressembler à ce que les blogs musicaux sont aujourd’hui, à part que le terme n’existait pas encore vraiment. J’ai retrouvé un archive d’un article que j’ai rédigé le 28 novembre 2002, j’avais envie de le partager avec vous…

Lou Reed
BERLIN (1973)
jeudi 28 novembre 2002, par Laurent Rieppi 

berlinloureed

Berlin, une ville d’histoire, une ville de souffrance, une ville partagée. Nombres de musiciens sont venus chercher l’inspiration dans la tourmente de Berlin. Aux côtés de David Bowie, Iggy Pop ou de Nick Cave (un peu plus tard), l’un de ceux-ci consacrera un album à cette ville. Son nom est Lou Reed et il vient de New York…

 

Berlin sort en 1973, suite à l’immense succès de l’album« Transformer » (1972) produit par David Bowie (sur lequel figurent les célèbres Walk On The Wild Side et Perfect Day).

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Avec Transformer, Lou Reed va enfin connaitre la reconnaissance du grand public grâce aux succès de Walk On The Wild Side et de la superbe ballade Perfect Day

Après sa dispute avec David Bowie, qui nous prouve encore une fois que la collaboration de deux esprits tourmentés et surdoués est souvent éphémère (rappellons nous du duo Reed/Cale au sein du Velvet Underground), il va s’associer à un autre grand producteur : Bob Ezrin, celui qui produira plusieurs albums d’Alice Cooper, dont le premier à connaître un grand succès, le splendide« Love It To Death » (1971).


Bob Ezrin produira de nombreux albums d’Alice Cooper et participera également très activement aux carrières des Pink Floyd et de Peter Gabriel.

Berlin se voudra un album conceptuel, très sombre et déprimant, une peinture très réaliste d’un couple de junkies survivant dans la ville. Un album que l’on pourrait qualifier de « Sgt Pepper Noir ». Une histoire racontée en musique, au travers des 10 titres que comporte l’album. Lou y dévoile la vie abominable de Caroline et de son violent compagnon.

Au fur et à mesure de l’album, on voit Caroline tomber par terre et se relever à plusieurs reprises suite aux violences psychologiques de la vie et aux violences physiques que lui inflige celui qui partage sa vie. Caroline se prostitue pour survivre et pour acheter de la drogue, on lui reprend ses enfants puisqu’elle est alors considérée comme une mauvaise mère. Lou Reed parle du surnom que les amies de Caroline lui donnent, « Alaska », en enchaînant pour terminer la chanson «  Caroline Says II  » (probablement le titre le plus poignant de l’album ) par un It’s so cold in Alaska (Il fait si froid en Alaska) très lourd de sens. Une froideur acquise après tellement de coups de couteau, une vie d’écorchée vive (Lou Reeds’inspirera d’éléments de sa propre expérience) qui se terminera sur les derniers titres de l’album par le suicide de Caroline.

Pour l’accompagner sur cet album, Lou Reed va réunir le gratin de la scène britannique ; parmi celui-ci, Dick Wagner et Steve Hunter aux guitares, ainsi que Tony Levin à la basse (un trio de musicien que l’on retrouvera dans des albums d’Alice Cooper et dePeter Gabriel) ; Steve Winwood sera également présent aux orgues.

L’album, qui devait être à l’origine un double, sera jugé trop ambitieux par la maison de disque RCA et sortira finalement en simple disque.

Berlin ne connaîtra pas le succès de Transformer, un peu comme si le public voulait se préserver d’un album trop vrai et quelque part trop pessimiste, ce qui plongera Lou Reed dans un état de dépression encore plus important.

Lou Reed s’est mis à nu et la réponse espérée de l’audience n’arrive pas. L’album se vend, malheureusement la reconnaissance du grand public n’est pas là. Elle viendra cependant avec le temps, l’album étant considéré, avec le recul nécessaire pour mieux l’aborder, comme le chef d’œuvre absolu de la carrière de Lou Reed par nombre de critiques ainsi que par les fans de l’artiste.

 

Titres de l’album :

-  1.   Berlin
-  2.   Lady Day
-  3.   Man of Good Fortune
-  4.   Caroline Says 1
-  5.   How Do You Think It Feels
-  6.   Oh, Jim
-  7.   Caroline Says-II
-  8.   The Kids
-  9.   The Bed
-  10.   Sad Song

 

Kadavar

Coup de coeur: Kadavar, power trio made in Berlin

Imaginez un subtil mélange des expérimentations musicales de Cream, Black Sabbath, Hawkwind, le tout avec un zeste de modernité, une efficacité et une puissance qui pourraient évoquer Queen of The Stone Age à ses débuts ou encore Them Crooked Vultures. Vous êtes intrigué? Moi aussi… découvrons Kadavar!

Kadavar

J’ai découvert ce groupe originaire de Berlin un peu par hasard, grâce aux conseils avisés de Jacques de Pierpont – le légendaire « Ponpon » –  également mon collègue à Classic 21.

Kadavar, à la différence d’autres très bons groupes de « stoner » qui ont tendance à émerger d’un peu partout à l’heure actuelle, a un son encore plus « roots » que ses collègues. En effet, sur certains titres, on pourrait jurer que Tony Iommi et Geezer Butler de Black Sabbath jouent sur l’album…

Cependant, Kadavar ne se limite pas pour autant à un vulgaire « copié/collé » qui n’aurait pas beaucoup d’intérêt. On retrouve donc une partie du son de Sabbath, des envolées psychédéliques à la Cream et Hawkwind mais surtout – et c’est ce qui fait d’eux un groupe original -  un univers bien propre dans lequel peu de place est laissée au chant. En effet, le groupe préfère nous emmener dans un voyage metal et psychédélique de très grand niveau.

Kadavar a déjà sorti deux albums: « Kadavar » en 2012 et « Abra Kadavar » en 2013.

Quelques extraits choisis:

Les deux albums complets sur Spotify

Un saut vers l’Ouest: l’histoire d’une photo historique

Le soldat Conrad Schumann photographié par Peter Leibing

Bon, ok ce n’est pas très musical mais vous connaissez ma passion pour la ville de Berlin… J’ai lu récemment dans un ouvrage très complet sur l’histoire de cette photo légendaire et voulais la partager avec vous. Le soldat de l’Est que l’on voit « sauter » vers l’Ouest s’appelait Conrad Schumann. Sa vie est au départ assez banale et ressemble à celle de n’importe quel soldat de l’Est de Berlin de l’époque. Cependant, il va entrer dans l’histoire après avoir croisé le regard et l’objectif d’un certain Peter Leibing, un jeune photographe plus ou moins du même âge qui, juste avant de prendre ce cliché légendaire, s’était entraîné à prendre en photo les chevaux au galop et sautant des obstacles. Leibing va avoir une intuition incroyable le jour où il prend cette photo faisant désormais partie de l’Histoire. Nous sommes le 15 juin 1961, le « mur » n’est encore constitué que de barbelés mais la séparation est déjà bien effective. Leibing voit en ce jeune garde de l’Est quelqu’un d’hésitant : il est censé gardé la séparation, « protéger » l’Est de toute invasion mais il le sent bien peu convaincu. De l’autre côté du mur, on ne cesse de l’inviter à quitter son camp, à rejoindre la liberté de l’Ouest. Schumann est hésitant, il fume cigarette sur cigarette, il est très nerveux et Peter Leibing capte cette tension. Il pointe son objectif sur le jeune soldat et ne le lâche pas une seule seconde, il sent, il sait qu’il va se passer quelque chose. Après de nombreuses et très longues minutes, Schumann craque et trahit son camp pour rejoindre l’Ouest… A ce moment précis, Leibing prend alors ce qui reste aujourd’hui l’un des plus beaux documents de cette véritable tragédie qui séparera l’Allemagne entre 1961 et 1989.

La statue de Conrad Schumann à Berlin (Bernauer Strasse) Photo REUTERS/Fabrizio Bensch

Anecdote lue dans l’excellent et très complet ouvrage de Frederick Taylor « Le mur de Berlin » (collection Tempus/Librairie Académique Perrin)



Become a Berliner: la setlist

Hier soir, j’ai été invité par mes camarades et collègues Pierre Bartholomé et Michaël Léonard à la soirée « Become a Berliner » au Vecteur de Charleroi. Cela m’a donné l’occasion d’effectuer une première expérience de « DJ ». Je m’y attendais pas forcément mais ça m’a beaucoup amusé. Très chouette soirée en tout cas! Pour ceux et celles qui m’ont demande les références de tel et tel titres, voici la « setlist » complète par ordre de diffusion. Vous pourrez également réécoute la majorité des titres grâces aux playlists Spotify que j’ai créé spécialement suite à la soirée. Bonne écoute!

La soirée a débuté par un KrautRock Mix perso avec des extraits de – dans l’ordre:

  • Guru Guru – Baby Cake Walk extrait de l’album « Känguru » (1972)
  • Popol Vuh – In The Gardens Of The Pharao/In den Gärten Pharaos extrait de l’album « In den Gärten Pharaos » (1971)
  • Tangerine Dream – Phaedra extrait de l’album « Phaedra » (1974)
  • Klaus Schulze – Crystal Lake extrait de l’album « Mirage » (1977)
  • Cluster & Eno  - Steinsame extrait de l’album « Cluster & Eno » (1977)
  • Neu! – E-Musik extrait de l’album « Neu! 75″ (1975)

Lien Spotify pour écouter la 1ère partie de set:

2ème partie du set: rock et électro allemand ou influencé par la vague musical allemande

  • U2 – Zoo Station
  • Can – Oh Yeah extrait de l’album « Tago Mago » (1971)
  • Radiohead – Everything in Its Right Place extrait de « Kid A » (2000)
  • Brian Eno – St Elmo’s Fire extrait de l’album « Another Green World » (1975)
  • Ultravox – Hiroshima Mon Amour extrait de l’album « Ha!-Ha!-Ha! » (1977)
  • Nena – 99 Luftballons extrait de l’album « 99 Luftballons » (1984)
  • Iggy Pop – Nightclubbing extrait de l’album « The Idiot » (1977)
  • The Buggles – I Love You (Miss Robot) extrait de l’album « The Age of Plastic » (1980)
  • David Bowie – V-2 Schneider extrait de l’album « Heroes » (1977)
  • David Bowie – Heroes extrait de l’album « Heroes » (1977)
  • Einstürzende Neubauten – Weil Weil Weil extrait de l’album « Alles wieder offen » (2007)
  • Killing Joke – Eighties extrait de l’album « Night Time » (1985)

Lien Spotify pour écouter la 2ème partie de set: