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Review: The Cars – « Move Like This » (2011)

Après 13 ans d’absence, les Cars font leur grand retour. Après le projet un peu boiteux « New Cars » qui avait vu le « corps » du groupe s’adjoindre les services de Todd Rundgren en lieu et en place du leader de la formation Ric Ocasek, on est heureux de retrouver un groupe enfin réuni qui n’a rien changé à la recette de son succès. Petit aperçu …


A l’exception du regretté Benjamin Orr, qui nous a quitté en 2000, le line-up présent sur « Move Like This » est le même que celui du premier album, « The Cars », sorti en 1978 et produit par le génial Roy Thomas Baker, producteur notamment de l’inoubliable « A Night At The Opera » de Queen.

Ce qui nous vient directement à l’esprit à la première écoute de « Move Like This », c’est cette impression que le groupe ne s’est en fait jamais séparé. En effet, tout semble comme avant, il y a toujours ce son bien particulier, véritable signature du groupe, une sorte de rock très direct teinté d’une pointe  » d’électro-pop  » qui inspirera tant des groupes des nineties tels que Weezer ou encore Foutains of Wayne.

Il faut cependant signaler que pendant toutes ces années d’absence, Ric Ocasek est resté très actif, enchaînant d’excellents albums solos ignorés en Europe mais ayant eu pas mal de succès aux Etats-Unis. On a vu aussi Ocasek derrière les manettes de la production, il s’est occupé d’albums de Weezer, No Doubt ou encore de Jonathan Richman.

Et, en parlant de production, c’est Jacknife Lee, connu pour son travail avec Bloc Party, Snow Patrol, Weezer ou plus récement R.E.M. (pour le dernier album « Collapse Into Now ») que les Cars ont fait appel pour la réalisation de « Move Like This ».

Jacknife Lee aura ainsi la tâche plutôt ardue de conserver le son « rétro » du groupe tout en lui ajoutant une petite pincée de modernité de façon à ce que les Cars s’inscrivent dans le son des années 2010 … Pari réussi pour Jacknife Lee, le single « Sad Song », d’une efficacité plus que redouble nous le prouve largement.

L’équilibre de l’album s’inscrit dans la digne lignée des classiques des Cars, mélangeant titres rock au tempo rapide (« Blue Tip », « Keep On Knocking », « Sad Song ») à quelques mid-tempo et aussi à une ballade très « Carsienne » (« Soon ») qui, comme l’a déclaré Ric Ocasek récemment, aurait probablement été mieux chantée par le regretté Benjamin Orr et qui nous renvoie à l’ambiance du classique « Drive » (véritable « BO » du Live Aids).

Bref, vous l’aurez compris, « Move Like This » est une très bonne surprise de ce printemps. Plus qu’à espérer un prochain passage du groupe en Belgique… Please …

Note: 8/10

Highlights/Titres marquants: Blue Tip, Keep On Knocking, Soon, Sad Song, Free, It’s Only

Les studios Trident au centre de Londres, des studios mythiques…

Fin février, je me suis rendu aux Trident Studios de Londres pour rencontrer Brian May et Roger Taylor. Outre ces interviews qui resteront à jamais gravées dans mon esprit, j’ai eu l’occasion de visiter ces studios mythiques dans lequel David Bowie, T.Rex, Lou Reed, les Beatles, Queen ou encore Peter Gabriel ont enregistré des oeuvres majeures. Petit retour dans le temps …

Les studio Trident a été construits en 1967 par deux frères: Norman et Barry Sheffield. Le premier restera célèbre pour avoir managé Queen à ses débuts mais aussi pour les avoir arnaqué, il deviendra ainsi le sujet du titre vengeur « Death on Two Legs » sur le célèbre « A Night At The Opera ».

A l’époque le studio Trident est à la pointe de la technologie et s’impose d’emblée comme un sérieux concurrent du studio d’EMI (qui ne s’appelle pas encore Abbey Road et dans lequel les Beatles enregistreront la majorité de leur catalogue).

Space Oddity - David Bowie (photo - collection privée)

C’est surtout la présence d’une console d’enregistrement 8 pistes (le must pour l’époque) qui vont attirer de nombreux artistes et groupes de rock. Attiré par la présence de ce 8 pistes, les Beatles enregistreront au Trident une bonne partie des titres présents sur l’album blanc (et non des moindres:  »Dear Prudence », « Honey Pie », « Savoy Truffle » et « Martha My Dear » ainsi que le célèbre single « Hey Jude »). John  Lennon et George Harrison, par la suite, y enregistreront leurs albums respectifs « Plastic Ono Band » et « All Things Must Pass ».

C’est aussi là-bas qu’un très jeune David Bowie enregistrera son album « David Bowie » en 1969 sur lequel on retrouve l’inoubliable « Space Oddity ».

Début des années 70, le Trident est le studio « trendy » et la plupart des grands artistes britanniques de l’album enregistrent là-bas. Ainsi des chef d’oeuvres tels que « Transformer » de Lou Reed, « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars », « Electric Warrior » de T.Rex ainsi que les deux premiers albums de Queen y ont été enregistrés.

Electric Warrior de T.Rex (photo - collection privée)

Malheureusement, les Trident Studios seronts revendu en 1981. Aujourd’hui, rebaptisés « Trident Sound Studios », ils n’occupent plus les 5 étages du building, seuls le rez-de-chaussée et le sous-sol sont encore des studios, essentiellement pour le mastering.

Les plus célèbres titres enregistrés au Trident sont affichés à l'entrée du studio (photo - collection privée)

Francis Weyns et votre serviteur devant le "Trident Sound Studios" (photo - Arnaud Rey)

A lire également: l’excellent article et rencontre avec l’actuel gérant des studios Trident Sound signé par Victor Alexandre

Queen remasters 2011 (volume 1)

Alors qu’en est-il de cette première salve de « remasterisation » du catalogue de Queen? Island rééditera dès ce lundi 10 janvier les deux premiers « Greatest Hits » du célèbre groupe anglais, le petit plus ici c’est que le son a été complètement rénové un peu à la manière du catalogue Beatles qui a subi le même traitement il y a peu. Le résultat? Voici un petit aperçu, en avant-première, dans les lignes qui suivent …


Première chose à signaler à propos du packaging de ces rééditions « Greatest Hits » volume 1 & 2 de Queen, c’est que le design du CD a été quelque peu modernisé. Terminées les vilaines tranches noires sur le côté et les livrets « minimalistes ». On retrouve ici un boîtier de type « jewel box » à bords arrondis (plus modernes) et un livret beaucoup plus complet avec pochette des 45 tours initiaux et petit texte explicatif pour chaque titre.

Mais le principal intérêt ici réside dans le traitement sonore, comme annoncé fièrement sur la première page du livret: « This 2011 version of this album has been meticulously re-created for this debut release on Island Records, using the finest modern analogue and digital technology, from the original first-generation master mixes ». Et en effet, le son a été « retrait » et remasterisé avec soin par une référence du genre, Bob Ludwig, grand « maître » du mastering reconnu pour son travail sur les oeuvres de Jimi Hendrix, Led Zeppelin, les Rolling Stones, Radiohead, Creedence Clearwater Revival, Rush et de nombreux autres.

Et le travail qui a été effectué n’est pas du bluff. Contrairement à ce que l’on à pu lire à certains endroits sur le net, le nouveau mastering n’est pas trop poussif, il redonne certes une dynamique nécessaire à certains titres mais cela est fait avec beaucoup de respect et ne dénature en aucun cas l’oeuvre originale (précisons bien qu’il ne s’agit pas d’un remix).

Pour rappel,  c’est Bob Ludwig qui avait déjà été le responsable de la réédition remaster d’A Night At The Opera à l’occasion du 30ème anniversaire du disque en 2005. Cette version était le seul album de Queen (en CD) disponible sur le marché européen et proposant un son de qualité. Les anciens transferts puis remasters de Queen pour l’Europe (sortis respectivement à la fin des années 80 et en 1993) proposaient un son plat, peu fouillé et on sentait que le passage de l’analogique au numérique ne s’était pas fait sans mal. Seules les versions japonaises, « remasterisées » en 2004 rendaient justice au disques originaux. En réaction à cela, de nombreux fans du groupe  snobaient le CD pour retourner à leurs bons vieux pressages originaux en 33 tours qui eux proposaient une pèche et un dynamisme nettement plus palpables.

Voici quelques titres qui m’ont particulièrement impressionné (même si cela est totalement subjectif) pour le traitement sonore de ce nouveau remaster 2011 : Another One Bites The Dust, Save Me,  Seven Seas of Rhye, We Are The Champions, Crazy Little Thing Called Love, Breakthru, The Miracle, I Want To Break Free.

Voici qui nous annonce de très bonnes choses pour la prochaine salve de sortie qui devrait voir la réédition des 5 premiers albums du groupe d’ici 2 à 3 mois. J’ai déjà entendu parler de bonus très alléchants, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment … Suite au prochain numéro!