Un salon qui pourrait faire penser à celui que l'on retrouvait à Mons jusqu'il y a peu...

Une page de l’histoire montoise se referme : au revoir Monsieur le coiffeur…

Aujourd’hui, exception à la règle, cet article ne parle pas de rock. Il est consacré à une petite histoire de vie que j’avais envie de partager simplement avec vous…

Un salon qui pourrait faire penser à celui que l'on retrouvait à Mons jusqu'il y a peu...

Un salon qui pourrait faire penser à celui que l’on retrouvait à Mons jusqu’il y a peu…

Depuis près de 10 ans, je me rends dans les bureaux de la RTBF Mons pour collaborer à la formidable aventure qu’est Classic 21. Pratiquement chaque jour, sur le chemin allant de la gare au centre de production, je passe devant le salon d’un coiffeur à l’ancienne. D’après mes renseignements, le salon n’avait pas subi de modifications depuis 1959. Tout était intact, authentique : le mobilier, la décoration, les ciseaux et autres ‘outils’. C’était fascinant de passer devant ce salon « vintage » et d’observer ce coiffeur, vieillissant un peu plus chaque année, en train d’attendre paisiblement le prochain client.

Les clients étaient rares, certes, mais avaient tous plus ou moins le même âge que lui. Ensemble, ils parlaient probablement du bon vieux temps, d’une époque que l’on n’a pas connu et qu’on a du mal à imaginer.

Monsieur le coiffeur se fichait pas mal de faire foule dans son salon, il n’était pas obsédé par la rentabilité et la productivité à tout va. Probablement qu’il n’angoissait pas quand on lui annonçait que « le retour de la croissance économique, ce n’est pas pour demain mais peut-être pour après demain » (ou pas…)

Quand Monsieur le coiffeur n’avait pas de client, il dormait… C’était vraiment touchant de le voir assoupi dans ce vieux fauteuil, rêvant probablement de vieux souvenirs heureux.

Parfois me venait cette idée… Et s’il ne se réveillait pas aujourd’hui de cette petite sieste, ne serait-ce pas là la plus belle façon de partir, fièrement, dans son environnement, dans ce salon qui représentait une bonne partie de sa vie ?

Ce soir en rentrant du boulot, le vent soufflait assez fort et donnait à ce début de soirée l’aspect de ces dures journées d’hiver durant lesquelles on n’attend qu’une chose : rentrer chez soi pour boire un bon chocolat chaud.

En passant devant le salon, quelque chose a attiré mon attention. L’étalage n’était plus en place. Je me suis approché et ai constaté avec tristesse qu’il était pratiquement vide et qui ne restait que quelques chaises qui témoignaient de ce qu’avait été ce commerce devenu un endroit insolite mais aussi témoin important d’une autre époque dans la ville.

Je ne sais pas si Monsieur le coiffeur nous a quittés ou s’il a été placé. Quoi qu’il en soit une page de l’histoire de Mons s’est définitivement tournée aujourd’hui…

Et là je me suis souvenu d’être passé devant le salon il y a quelques semaines à peine, en compagnie de mon pote et collègue Eric Laforge. On s’était dit qu’on irait bien saluer le coiffeur un de ces jours. Eric avait le projet de prendre des photos de l’établissement et moi d’enregistrer le témoignage de Monsieur le coiffeur. Il devait en avoir des histoires à raconter sur l’évolution de Mons au fil de toutes ces années…

Et puis, comme souvent, on pense à autre chose, on a d’autres projets et parfois, surtout, on n’ose pas. Par crainte de déranger, par timidité, pour différentes raisons que l’on connait toutes et tous.

Ce n’est pas la première fois que je rencontre ce genre de situation et, souvent, on a des regrets rpar la suite. Si vous lisez ce billet, vous avez probablement votre propre Monsieur le coiffeur dans votre famille, votre entourage, votre quartier, votre rue. S’il y a un message que je souhaite faire passer ici, c’est qu’il ne faut pas hésiter à aller à la rencontre de ces personnes dont le témoignage peut vous éclairer sur votre propre vie, sur vos réflexions les plus profondes. Ne vous laissez pas toujours emporter par le rythme de la vie ou la timidité, prenez le temps de vivre, de partager, d’observer, de poser des questions. N’attendez pas qu’il soit trop tard…

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