Rencontre avec Charlie Jones à l’occasion de la sortie de « Loveform »

Vous vous souvenez probablement de ce jeune bassiste aux cheveux longs qui accompagnait Jimmy Page et Robert Plant dans leurs aventures Page/Plant en studio et en live entre 1994 et la fin des années 90 et le début des années 2000… Devenu bassiste du groupe électro britannique Goldfrapp, Charlie Jones nous propose aujourd’hui « Loveform », un album instrumental fascinant mélangeant jazz, rock, musique classique et quelques éléments de musique électronique. Rencontre avec un musicien complet, passionnant et inspiré. 

charliejonesloveform

 

1)      Dans ce premier album « Loveform », on retrouve  du jazz, du rock, des éléments de musique classique. Certains passages peuvent même évoquer l’ambiance de certaines bandes originales de films. Il est difficile d’ « étiqueter » l’album. Comment décririez-vous le style de l’album en quelques mots ?

CJ : C’est un album très sonique… Tout d’abord, c’est plus un album émotionnel qu’intellectuel. Il fait plus appel à notre émotionnel du point de vue de sa musicalité. Il fait écho à différentes influences, différents styles musicaux du passé, le tout mélangé avec – je l’espère – une certaine harmonie qui donne du sens à l’ensemble. Pour moi, quand j’écoute de la musique rock, de la musique classique ou du jazz… je trouve qu’il y a une sorte de terrain commun entre ces styles. Mais définir le style, le genre de l’album, ce n’est pas évident. Certains disent qu’il a un aspect cinématographique, visuel, et je comprends ce point de vue, mais je n’ai pas conçu la musique avec cela à l’esprit.  C’est un voyage…

2)      Pendant combien de temps avez-vous travaillé à ce premier album solo ?

CJ : Cela m’a pris plus ou moins deux ans. Mais j’ai écrit l’ensemble, intimement, sur une plus longue période. La plupart de l’album – c’est amusant – a été écrit au piano. Et puis j’ai commencé à créer mes propres sons. J’ai un studio à la maison rempli de vieux effets vintages et j’ai ainsi créé des sons qui pouvaient donner un impact émotionnel aux différentes instrumentations.

3)      Avez-vous eu – d’une certaine façon – des influences musicales extérieures lorsque vous avez écrit ces morceaux ?

CJ : Oui je pense et aussi les influences extérieures de ma propre vie. De toutes ces observations que j’ai réalisées. Comme un voyage en tant que musicien mais aussi en tant que mari et père.

4)      Pour l’enregistrer, vous avez mis à contribution quelques-uns de vos amis comme John Baggott ou encore Clive Deamer … Que pouvez-vous nous dire à propos de leurs contributions à cet album ?

CJ : Bien, prenons John Baggott par exemple. C’est un pianiste accompli avec lequel j’ai travaillé de nombreuses années aux côtés de Robert Plant quand j’étais dans son groupe. Il a aussi collaboré avec Massive Attack. J’écrivais un morceau au piano puis il le jouait en tant que musicien sur l’album, avec sa propre habilité de pianiste. C’était un peu la même chose avec Clive Deamer : j’avais une idée très claire de ce que je voulais sur l’album. Il y a quatre ou cinq batteurs différents sur l’album. La raison, c’est que chaque titre a son propre environnement et chaque musicien y apporte sa propre touche dans l’interprétation musicale.

5)      Il y aussi Alison Goldfrapp – avec qui vous travaillez aujourd’hui – qui est invitée sur la plage titulaire « Loveform ». Que pouvez-vous nous dire à propos de ce titre et de sa participation sur celui-ci ?

CJ : Elle a gentiment accepté de participer à l’album. C’est original mais elle siffle sur ce titre et elle le fait très bien, c’est un peu son instrument si vous voulez. Elle a été d’un grand soutien, personnellement mais aussi pour la sortie de ce premier album solo.

6)      J’ai vu sur votre page Facebook que vous avez donné un concert à Londres il y a quelques jours…

CJ : Oui, effectivement, au Vortex. Le concert a très bien fonctionné. Jouer l’album en live a été une expérience très intéressante. Cinq personnes jouant live avec l’aide de pas mal de technologie. Nous avons utilisé une technique mise au point par un de mes amis, Steve Evans, qui avait aussi travaillé à mes côtés quand nous avons produit le dernier album de Siouxsie Soux. Il a pris différents sons issus de mon nouvel album et les a injectés dans des synthés de façon à pouvoir les reproduire sur scène mais avec un autre sens. En live, c’est une expérience assez étrange. C’est très différent de l’album, plutôt hors du commun, c’est une mixture de jazz, de rock et de classique.

7) Vous avez beaucoup travaillé avec Jimmy Page et Robert Plant à l’époque Page/Plant aussi bien en studio que sur scène. Quel est votre souvenir, aujourd’hui, de cette expérience musicale à leurs côtés ?

Le morceau Big Hair sur l’album est une référence à l’époque où je jouais avec Jimmy Page et Robert Plant et que j’avais des cheveux longs. Ce morceau est vraiment à propos du travail que j’ai réalisé avec eux. J’ai travaillé avec eux sur une très longue période, avec Robert pendant 13 ans et avec Jimmy et Robert pendant 5 ans. L’expérience était… c’était un voyage, un fantastique voyage. Je considère que ça a été un véritable apprentissage en tant que bassiste. J’ai beaucoup appris en travaillant avec eux mais je pense que pour ce qui est de revisiter le catalogue de Led Zeppelin pendant plusieurs années, j’ai été aussi loin que je le pouvais. Travailler avec Robert, en tant qu’artiste solo, c’était très différent. La dynamique est très différente que de travailler avec Jimmy et Robert. Mais dans l’ensemble, ça a été une expérience formidable.

8) Et aujourd’hui vous travaillez en solo et avec Goldfrapp…

CJ : Oui, effectivement. Vous savez la différence entre travailler avec Goldfrapp et Page/Plant… Jimmy Page et Robert Plant font toujours référence au blues… Passer de cette grosse machine qu’est l’héritage de Led Zeppelin à un album comme « Black Cherry » de Goldfrapp qui était, à cette époque, une formation qui faisait ses débuts a été un fameux défi. Mais j’ai trouvé cela extrêmement stimulant d’un point de vue créatif. C’était plus ouvert à l’expérimentation et le groupe n’avait pas peur de proposer des choses hors du commun. Pour moi, en tant qu’artiste, c’est quelque chose de primordial. J’aime toujours beaucoup travailler avec eux aujourd’hui…

 

L’album sur Spotify

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