Archives mensuelles : février 2010

Le retour de la 2D et la nostalgie "marketée" pour trentenaire

Dans les années 80 et surtout dans les années 90 et 2000, on nous a vanté tant et plus les qualités de la 3D : au cinéma, dans les jeux vidéo, à la télévision et même dans les magazines, tout devait être en 3D. Même un fabricant de chips a surfé sur la vague pour nous vendre des absurdes « chips 3D » il y a quelques années (allez comprendre…). Mais l’âge d’or de la 3D est-il terminé ? En effet, depuis quelques temps, il semblerait qu’il y a ait une tendance à un retour à la 2D, effet de mode passager ou tendance pour les années 2010, l’avenir nous le dira. En attendant voici un bref aperçu des ‘ nouvelles tendances revival 2D’

Sonic, la mascotte de Sega, qui prépare son retour en 2D cet été sur la plupart des consoles du marché, une version iPhone et iPad serait également en préparation...


  • Mario et Sonic sont indubitablement les deux « héros » les plus célèbres de l’histoire du jeux vidéo. Ennemi juré de la concurrence Nintendo/Sega dans les années 90, on les voit aujourd’hui apparaître dans des jeux communs depuis que Sega a renoncé à fabriquer des consoles de jeux pour se concentre uniquement à la création de jeux vidéo multi-consoles. Mais depuis la fin des années 90, Mario et Sonic ont quitté leurs univers 2D (2D dimension) pour s’aventurer dans des mondes 3D de plus en plus jolis graphiquement parlant. Seulement, depuis environ 6 mois, avec l’arrivée de « New Super Mario Bros » (qui marque le retour de Mario dans son univers 2D), un tendance au retour à la 2D semble se dessiner. « New Super Mario Bros » s’est en effet imposer très rapidement comme un succès mondiale sur la console WII de Nintendo. Sega n’a alors pas tardé à annoncer la sortie imminente de Sonic 4 (la suite des dernières aventures 2D de Sonic, Sonic 3, sorti en 1994). Mais ce n’est tout. Récemment, les consoles de jeux qui dominent le marché (PS3, Xbox 360, Wii) ont actualisé leur catalogue de vente en ligne et propose de rejouer aux « vieux » titres arcades des années 80 et 90 et ce pour une somme généralement assez modique. On recycle donc dans l’ancien et force est de constater que ça fonctionne très bien. Que peut expliquer le succès de cette vague de nostalgie ? Simplement le fait que l’âge moyen du joueur est aujourd’hui de … 30 ans! Il y a donc clairement une volonté stratégique des fabricants de jeux vidéo de cibler ce consommateur avide de retrouver les sensations de jeu de son enfance et son adolescence …

Woody, le héros de Toy Story, célèbre film d'animation des studios Pixar ayant véritablement imposé le modèle 3D dans les longs métrages d'animation

  • Pixar et Dreamworks, les deux célèbres sociétés américaines rivales, ont véritablement occupé la tête des box office mondiaux grâce à longs métrages d’animations en 3D durant les années 90 et 2000. Toy Story, Shrek, l’Âge de Glace, Cars, Kung Fu Panda, Ratatouille ou plus récemment Là-Haut (Up en VO) sont aujourd’hui devenu de véritables standards du genre, énorme succès en salle mais également sous forme d’une multitude de produits dérivés (DVD, Blue-Ray, jouets pour enfants, boite à tartines, brosses à dents etc etc). Cependant, depuis peu, les grands studios de production de long-métrage d’animation envisagent de relancer, parallèlement à la réalisation de nouveaux films d’animations 3D, la confection de films d’animations à l’ancienne, en 2D. C’est le cas de Disney qui vient de sortir il y a quelques jours « La Princesse et la Grenouille », un nouveau dessin animé réalisé à l’ancienne.

L'affiche de "La Princesse et la Grenouille", le nouveau Disney version "old school"...

Le retour des bons vieux "jeux électroniques" Game & Watch de Nintendo. Ici réédité par Takary Tomy et ne fonctionnant plus sur pile mais bien grâce à l'énergie solaire ...



Corine au Téléphone …

Hier, j’ai eu l’occasion de discuter un peu plus d’une heure avec Corine Marienneau, la bassiste du groupe Téléphone. L’interview avait pour but de récolter de la matière pour de futures « Making-of(s) » consacré au groupe Téléphone. Mais cet entretien est rapidement devenu bien plus que cela, en effet, en plus de parler de la réalisation de ces albums devenu mythiques aujourd’hui, Corine m’a parlé de cette aventure humaine incroyable qu’a été d’être la seule femme dans un groupe de 3 hommes, groupe qui était alors au sommet de sa gloire…

L’aventure Téléphone est le fruit du hasard. D’après le témoignage de Corine, Téléphone doit son existence à ce concert tout à fait improvisé que donne le groupe le 12 novembre 1976 au Centre américain de Paris (Boulevard Raspail). En effet ce soir-là, Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka ont un concert prévu, tout est organisé, les affiches ont été collées dans le tout grand Paris mais petit soucis, le guitariste/chanteur et le batteur n’ont plus de musiciens sous la main. Louis Bertignac et sa petite amie Corine Marienneau les dépannent alors en dernière minute. Et ce soir-là, il se passe quelque chose, quelque chose d’inexplicable qui rend ce concert absolument mythique, les musiciens se découvrent et créent ensemble, sur scène, sans vraiment en être conscient, le « son Téléphone« . Impossible de reculer ensuite, la machine est en marche. Corine, qui n’avait absolument aucun rêve de devenir une rock star, se retrouve donc dans une formation qui va s’imposer comme le premier véritable groupe de rock français de l’histoire… Téléphone aurait-il existé sans ce concert? D’après Corine, non, déjà Jean-Louis Aubert n’aurait jamais accepté de fonder un groupe avec une femme, parce que dixit Corine qui cite Jean-Louis :« Les femmes, ça fout le bordel ».

Voila donc Corine lancée sur la route, à l’instar de Tina Weymouth (qu’elle a bien connue) – la bassiste de Talking Heads – en compagnie de 3 « mecs ». Il y aura des hauts et des bas, des grands moments de joie, des déceptions, des éclats de rire, des disputes, des réconciliations et puis le silence, la fin d’un groupe qui a fait rêvé tellement de fans en francophonie… Pouvait-il en être autrement? Probablement pas. Mais si vous voulez connaître l’histoire plus en détails, soyez à l’écoute du Making-of avec Marc Ysaye sur Classic 21 dans les prochaines semaines, nous vous décortiquerons l’histoire de la réalisation de ces grands albums de l’histoire du rock français. Et, si vous voulez encore plus de détails sur l’histoire de Corine et du groupe Téléphone, je ne peux que vous conseiller chaleureusement de lire « Le Fil du temps », l’autobiographie de Corine Marienneau (2006/Flammarion) un livre parfois tendre, parfois dur mais toujours profondément humain…

Le saviez-vous?


  • Tony Iommi (à droite sur la photo), le guitariste de Black Sabbath, a été très brièvement le guitariste de Jethro Tull. On peut le voir aux côtés de Ian Anderson et de sa bande sur la video de Rock’n'roll Circus des Rolling Stones (1968)
  • Le claviériste Jon Lord a joué aux côtés de Ron Wood (qui n’était pas encore un Rolling Stone) au sein de The Santa Barbara Machine Head dans les années 60 avant de former Deep Purple avec Ritchie Blackmore, Ian Paice, Rod Evans et Nick Simper.
  • Le nom du groupe Duran Duran est emprunté à celui d’un dangereux scientifique véreux dans le film franco-italien Barbarella de Roger Vadim. Dans ce long métrage, sorti en 1968, le personnage de Barbarella (interprété par Jane Fonda) se lance à la recherche du vilain Duran Duran
  • A ses débuts dans les années 60, Steven Tyler – le célèbre chanteur d’Aerosmith – était également batteur…

Remember: Kevin Coyne

« Kevin Coyne est le trésor caché de l’Angleterre » (Andy Kershaw, BBC)

Kevin Coyne, auteur-compositeur-interprète anglais, a toujours été un artiste à part. Même s’il ne jouira jamais d’un grand succès commercial, sa musique ne cesse d’être redécouverte par les jeunes générations et a été aussi une énorme source d’inspiration pour des personnages aussi divers que Johnny Rotten des Sex Pistols, notre compatriote Arno, Sting ou encore Peter Hammill (leader de Van Der Graaf Generator). EMI vient de rééditer son second et probablement meilleur album « Marjory Razorblade » (1973) ainsi qu’une très intéressante quadruple compilation/anthologie intitulée « Kevin Coyne: I Want My Crown – The Anthology 1973-1980″. A cette occasion, revenons en quelques lignes sur la surprenante carrière de cet artiste, culte dans les pays anglo-saxons,  mais malheureusement méconnu en francophonie…

Kevin Coyne a eu un parcours curieux. Après avoir suivi des études artistiques, il est chauffeur de bus pendant quelques temps, puis devient assistant social dans un hôpital du Lancashire de 1965 à 1968. Ces 3 ans passés dans ce département psychiatrique dans lequel il s’occupe de drogués et de désaxés vont fortement le marquer. La thématique de ses deux premiers albums solo « Case History » (1972) et l’excellent « Marjory Razorblade »(1973) sera profondément empreinte de ces années de travail social.

Après après évolué quelques années au sein du groupe Siren – un groupe signé sous le label Dandelion Records appartenant alors au célèbre DJ britannique John Peel - Kevin Coyne se fait remarquer par le jeune Richard Branson qui est alors occupé a lancé son propre label Virgin (label qui deviendra ensuite une célèbre mega entreprise d’aviation, de fabrication de colas etc).

Coyne est le second artiste a être signé par Branson, le premier – Mike Oldfield – se fera remarquer en engistrant le mythique « Tubular Bells » en 1973.

Dans la moitié des années 70, dans le groupe de scène de Kevin Coyne, on retrouve un certain Andy Summers, qui ne tardera pas à devenir un superstar au sein du groupe Police quelques années plus tard. Coyne signera une sélection d’excellents albums chez Virgin entre 1972 et 1980. A cette époque, il jouira d’une telle popularité en concert qu’il sera contacté personnellement par Jac Holzman (le fondateur d’Elektra Records, célèbre label ayant notamment signé les Doors) pour rejoindre les Doors suite à la tragique disparition de Jim Morrison. Coyne aura l’intelligence de refuser cette proposition (suicidaire artistiquement parlant – il est impossible de remplacer Morrison). Il le fera non sans humour prétextant alors « vous savez les pantalons en cuir, ce n’est pas trop mon truc ».

Début 80, il quitte Virgin pour le label Cherry Red et continue à sortir de très bon albums. En 1985, il divorce, se libère de sa dépendance à l’alcool et part s’installer à Nüremberg en Allemagne. Après quelques années très discrètes, il revient dans le début des années 90 et est dorénavant accompagné par ses deux fils : Robert et Eugene. Sortiront ensuite une sélection de très bons albums jusqu’à la sortie « Donut City », son 41ème ( ! ) et dernier album. Kevin Coyne nous a quitté le 2 décembre 2004 des suites d’un cancer.

Plus d’infos:

Conseils d’écoute:

La nouvelle et très complète quadruple compilation "I Want My Crown - The Anthology 1973-1980" (EMI 2010)

L'excellent second album "Marjory Razorblade" (Virgin 1973/Remaster 2010 EMI)

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Sur la platine Lou Reed/John Cale : "Songs for Drella", hommage à Andy Warhol

A la fin des années 80, Lou Reed est particulièrement en forme, parfaitement « clean » depuis quelques années, il sort deux oeuvres majeures de sa carrière « New York » et l’album « Songs for Drella », un disque hommage à Andy Warhol sur lequel il travaillera en compagnie de John Cale, son ancien complice du Velvet Underground…

En janvier 89, l’album « New York » est chez les disquaires, l’album est extrêmement bien reçu par les critiques et Lou a même l’occasion de faire un petit hit sur les radios américains grâce à son « Dirty Boulevard ». Le 9 janvier 1989, Lou Reed s’associe à John Cale - ils n’avaient plus joué ensemble depuis 72 – pour proposer une sélection de leur futur album « Songs for Drella » à l’Eglise St Anne de Brooklyn. Ces titres, ils les ont composé ensemble à la mémoire de leur ami et mentor Andy Warhol, disparu un peu moins de deux ans plus tôt (le 22 février 1987). Lou Reed et John Cale ont donc décidé d’enterrer la hache de guerre l’espace de quelques concerts et de l’enregistrement d’un disque dédié à celui qui les a révélé et produit le premier album du Velvet Underground, le célèbre « Velvet Underground & Nico » (souvent appelé l »album à la banane’)

Fin de l’année 89, Reed et Cale donnent d’autres concerts aux Etats-Unis. Cette fois, le répertoire est complet et le résultat est tout simplement brillant. Beaucoup se demande alors comment Cale et Reed arrivent à se supporter malgré les tensions du passé (et connaissant l’attitude exécrable de John Cale – que j’ai pu expérimenter  - tout ne devait pas être facile tous les jours). Lors d’un des concerts qu’ils donnent fin 89, ils sont rejoints sur scène par Maureen « Moe » Tucker, la ‘batteuse » du Velvet, avec qui ils interprètent un de leurs classiques « Pale Blue Eyes ».

L’album « Songs for Drella » (de Drella, surnom que son entourage donnait au maître et qui est une combinaison de Dracula et Cinderella – Cendrillon en français) sort le 11 avril 1990. C’est une véritable merveille, la musique parfois douce et parfois torturée retrace avec brio la vie de Warhol. L’émotion de deux musiciens est véritablement palpable sur le disque. A la sortie du disque, John Cale (fidèle à sa réputation) déclare qu’il ne veut plus jamais parler à Lou Reed, ambiance, ambiance… Cependant 2 ans plus tard, en 1992, le Velvet Underground annoncera son grand retour sur scène. Une tournée européenne suivra en 1993.

Quelques grands moment de « Songs for Drella » (sous-titré en français)

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